Section PS Clermont Centre

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. (Jaurès)

Primaires : une élection transparente et démocratique

juin 29, 2011 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Primaires : Jean-Marc Ayrault cible des basses manœuvres de l’UMP

Jean-Marc Ayrault essuie les attaques de l’UMP qui tente de semer le trouble sur les primaires socialistes en ressortant des accusations de fichage qui remontent aux dernières élections municipales à Nantes. La meilleure défense c’est l’attaque. Jean-Marc Ayrault menace de saisir la justice et appelle les Français à “ne pas céder à l’intimidation” en votant massivement au mois d’octobre.

Dans les colonnes du Nouvel Observateur, JM Ayrault, patron des députés socialistes, contrairement à la droite garde son sang-froid. « La droite a déjà tenté, au moment des dernières élections municipales, de me mettre en cause par la calomnie. A l’époque, elle avait déposé une plainte auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Cette autorité indépendante avait balayé ces accusations, puisque j’avais apporté toutes les explications nécessaires. Accuser quelqu’un qui n’a rien à se reprocher, comme le fait l’UMP, c’est un procédé pitoyable. J’ai donc demandé à Maîtres Mignard et Tordjman de poursuivre tous ceux qui reprendraient à leur compte ces accusations » avertit le maire de Nantes.

Jean-Marc Ayrault n’est pas dupe. « Au-delà de ma personne, ce qui est en cause dans le tract de l’UMP, ce sont les primaires organisées par le Parti socialiste ». Il invite en conséquence les Français à venir massivement voter au mois d’octobre pour choisir le candidat de la gauche.

juin 24, 2011 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Projet socialiste : les propositions phares

Le 28 mai dernier, le Parti Socialiste a adopté lors d’une convention nationale son projet pour les présidentielles 2012 qui s’articule autour de 30 grandes propositions. On retiendra notamment :

- Création d’une banque publique d’investissement.

- Modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de la répartition des bénéfices.

- Taxe de 0,05 % sur les transactions financières au niveau européen.

- Séparation des activités de dépôt et d’investissement des banques.

- Création d’une agence de notation publique européenne.

- Émission d’emprunts européens.

- Création de 300 000 « emplois d’avenir » dans les domaines de l’innovation environnementale et sociale.

- Création d’une sécurité sociale professionnelle.

- Pénalités financières pour les entreprises qui licencient et versent en même temps des dividendes à leurs actionnaires.

- Augmenter les droits de douane sur les produits provenant de pays ne respectant pas les normes internationales sociales, sanitaires ou environnementales.

- TVA « éco-modulable ».

- Création d’une Communauté européenne des énergies.

- Organisation d’un débat national sur la transition énergétique.

- Plafonnement des loyers lors de la première location ou à la relocation.

- Exonération de cotisations patronales conditionnées à l’égalité salariale femme-homme.

- Création pour les jeunes adultes d’une allocation d’études sous condition de ressources.

- Organisation d’une conférence salariale annuelle tripartite et revalorisation du smic.

- Limitation de la part variable des salaires à la rémunération fixe.

- Écart de rémunération de 1 à 20 maximum dans les entreprises à participation publique.

- Présence des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance et les comités des rémunérations.

- Rétablissement de l’âge légal de la retraite à 60 ans et de l’âge de départ sans décote à 65 ans.

- Fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG en un impôt citoyen plus progressif et prélevé à la source.

- Imposition des revenus du capital au même taux que ceux du travail.

- Obligation pour les jeunes médecins libéraux d’exercer en début de carrière dans les zones qui manquent de praticiens.

- Augmentation progressive de l’Allocation adulte handicapé.

- Création de 10 000 postes de gendarmes et de policiers de proximité.

- Généralisation du CV anonyme.

- Droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels.

- Droit de vote aux étrangers aux élections locales.

- Introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives.

- Suppression de la dotation publique aux partis qui ne respectent pas la parité.

- Limitation du cumul des mandats.

- Abrogation de la réforme territoriale.

Pour découvrir le projet  dans son intégralité : cliquez ici

juin 2, 2011 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Il faut que le PS soit à la hauteur des circonstances

Jean-Marc Ayrault, président du groupe des députés socialistes était l’invité d’Europe 1.

Le député-maire de Nantes face aux ennuis judiciaires de DSK a estimé “qu’il faut raison garder” et invité le PS “à être à la hauteur des circonstances“.

Pour voir la vidéo : cliquez ici

Sur son blog, Jean-Marc Ayrault est très clair :

“L’incrimination de Dominique Strauss-Kahn a été un choc pour tous les députés socialistes. Je tiens à rappeler les principes qui guident le Parti socialiste et son groupe parlementaire.Nul ne minimise la gravité de l’accusation qui si elle est avérée doit être sanctionnée. Mais les informations sont parcellaires et souvent contradictoires.

C’est à la justice d’établir les faits et tant que rien n’a été prouvé et tant qu’il n’a pu lui-même s’exprimer, Dominique Strauss-Kahn a droit, comme tous les citoyens,  à la présomption d’innocence.
Il n’y a pas d’esprit de caste.La justice doit être la même pour tous. L’un et l’autre ont le droit au même respect. Nous ne voulons pas donner le sentiment que nous sommes soit dans le lâchage soit que nous le défendons  contre les évidences.S’il y a tentative de viol, il est un justiciable comme les autres. Nous ne souhaitons pas que l’on puisse dire que nous sommes dans une défense de caste, affective, qui ne reposerait pas sur la vérité.
 Le second principe est celui de la responsabilité. Le parti socialiste est évidemment concerné par cette affaire, mais son devoir -et celui de ses députés- est de répondre aux problèmes du pays et de défendre son projet de changement. De son côté, le porte-parole du Parti socialiste a précisé que le calendrier des primaires ne serait pas modifié”.

mai 17, 2011 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Du droit d’inventaire au droit d’héritage

mai 10, 2011 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Le crépuscule d’Eric Besson

L’importance du score du Front National aux élections régionales semble mettre un terme à la tentative de séduction d’une partie de son électorat par le gouvernement à travers le débat sur l’identité nationale.

Honni par ses ex-amis socialistes, peu goûté par sa famille d’accueil, l’UMP, Eric Besson apparaît aujourd’hui en bout de course. Lui qu’on donnait il y a encore peu comme un premier ministrable possible voit désormais s’éteindre son étoile et ses espoirs. Ce n’est pas Matignon qui devrait lui ouvrir ses portes mais un placard de la République que le chef de l’État se devra bientôt de lui trouver à l’occasion d’un remaniement. Il y aura donc une morale dans cette histoire, c’est que la trahison ne saurait constituer un gage de durée de vie en politique.

La mine défaite qu’arborait ce matin le ministre dans le studio de France Inter (vidéo 2) ne s’explique pas seulement par les blessures engendrées par l’exercice de style réussi de Stéphane Guillon (vidéo 1). Elle témoigne de la prise conscience de l’échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy et du fait que les bons élèves de l’ouverture d’hier ont vocation à devenir les têtes de turc d’aujourd’hui pour une UMP désemparée. Jean-François Copé n’a pas manqué de sonner l’hallali de l’ouverture ce matin sur Europe 1.


Le Pen, Besson et Zemmour !
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Eric Besson – France Inter
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mars 22, 2010 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

SOS Agriculture

Alors que l’agriculture traverse sa plus grave crise depuis 30 ans comme le reconnait Bruno Le Maire, le ministre de l’agriculture, Nicolas Sarkozy préfère aux campagnes la campagne des régionales. Ses déplacements en province se multiplient, toujours assortis de meetings privés pour rencontrer les militants locaux de l’UMP (vidéo 3).


L'absence de Nicolas Sarkozy au Salon de l'agriculture
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Agir pour l'agriculture
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Réaction de Michel Vauzelle à la visite de N.Sarkozy
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mars 5, 2010 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

P. Moscovici : battre Sarkozy, c’est possible

Un point sur la fin d’année 2009 avec Pierre Moscovici, député du Doubs

janvier 1, 2010 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Sarkozy, DRH autoproclamé du PS

Lors d’une rencontre réservée à huit cents militants UMP, mardi 8 décembre à Lingolsheim, en Alsace, Nicolas Sarkozy s’est  une nouvelle fois présenté comme le DRH du PS, celui qui sait le mieux en exploiter les valeurs, histoire de vanter auprès d’une base pas toujours réceptive les mérites de l’ouverture. La vidéo, de mauvaise qualité a été prise par un militant UMP avec son téléphone portable et mise en ligne sur internet.

Ce trait d’humour qui atteste plutôt de l’autosatisfaction du Président est du réchauffé.  Il avait pu l’essayer, avec succés,  devant l’université d’été du Medef, le 30 août 2007 : “Peut-être que je suis celui qui sait le mieux exploiter les richesses humaines du Parti socialiste. Ils ont des gens très bien, ils ne les utilisent point. Dans une autre vie, je pourrais peut-être faire directeur des ressources humaines.” (source Le Monde)

décembre 9, 2009 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

Nicolas Sarkozy ne comprendrait-il rien à l’économie ?

C’est l’inquiétante question qui transparait à la lecture de l’article de Newsweek daté du 28 novembre dont la traduction en français a été reprise dans le Nouvel Observateur. Certes le jugement provient d’outre-atlantique mais, il corrobore très largement les analyses répétées de Laurent Mauduit (Médiapart) journaliste talentueux et courageux qui avait sorti l’affaire Pérol, ce conseiller présidentiel basculé à la tête de la fusion des caisse d’épargne et des banques populaires. Un bilan peu reluisant dressé par ces américains qu’il admire tant mais qui ne lui rendent décidément pas, à l’image de Barack Obama.

Nicolas Sarkozy, connu pour la façon dont il phagocyte ses opposants et saute de droite, est l’un des esprits politiques les plus fins de sa génération. On ne peut en dire autant de sa compréhension de la chose économique. L’an dernier, du fait d’un contexte un peu fou, le problème était passé inaperçu. Au paroxysme de la crise financière, les leaders de tous les pays du monde se livraient à une débauche d’interventionnisme, de transgression des règles, de plans de sauvetage, de dépenses incontrôlées — en bref, jouaient les Français. Et Sarkozy semblait alors exceller à la tâche.

Avec le retour progressif à la normale, chaque pays va devoir affronter un surcroît de pressions pour un retour à plus de discipline budgétaire, et l’adoption de réformes structurelles. Et cela pourrait constituer un problème pour Sarkozy, qui a pour habitude de soumettre l’économie aux caprices de ses propres impératifs politiques. La France fut l’un des premiers pays à émerger de la récession, grâce à son épais matelas de dépenses publiques. Mais ce faisant, le pays a accumulé une dette importante, et les modalités de son remboursement sont loin d’être claires. Paris a taxé les demandes de l’Union Européenne l’exhortant à ramener son déficit à 3 % du PIB en 2013, contre 8,5 % l’an prochain, d’objectifs “extraordinairement difficiles” et “hautement irréalistes”. Aujourd’hui, les bonnes vieilles habitudes françaises avec lesquelles Sarkozy avait promis de rompre, et les astuces de campagne qu’il a concoctées, risquent d’alourdir plus encore la charge qui pèse sur la deuxième économie européenne.

Le Grand Emprunt

Premier souci : le Grand Emprunt, un super-emprunt d’Etat de plusieurs milliards d’euros destiné à financer des investissements de long terme, et qui doit être adopté en décembre. Selon Sarkozy, il doit aider à préparer l’économie pour l’avenir, dans un pays où le déficit chronique (qui court depuis 1974) laisse peu de marge pour préparer le futur. Pour les critiques, l’emprunt ne fera que creuser plus encore le trou du pays, sans clair bénéfice à espérer. C’est également un troublant rappel de ce que peut signifier le style peu orthodoxe de Sarkozy quand il s’applique aux finances de la France. Ce Grand Emprunt, qui a pris tout le monde de court à son annonce en juin dernier, a été introduit sans trop de précisions principalement dans le but de dérouter et de déstabiliser son opposition. La définition même de la “sarkonomique”. Une doctrine qui pourrait engendrer de sérieuses entraves à la reprise en France.

En 2007, Sarkozy a remporté les élections en promettant une “rupture” avec le passé, par le biais de réformes jusque-là toujours différées du marché du travail et de la protection sociale. Il a semblé initialement qu’il disposait de l’énergie et du talent nécessaire à les faire aboutir. Quelques points d’interrogation subsistaient : Sarkozy était-il un néolibéral parangon de l’économie de marché ou un interventionniste dans la grande tradition française ? Tout en parlant de modernisation, ne s’est-il pas également vanté du sauvetage de grandes entreprises nationales à l’occasion de son passage au ministère des finances, en 2004.

Mélange gauche-droite

Initialement, le mélange gauche-droite opéré par Sarkozy passait pour du pragmatisme. Le problème dans ce pays où les contre-pouvoirs sont peu nombreux et la fonction présidentielle extraordinairement puissante, c’est que ce flou lui a permis d’assujettir les décisions économiques à ses besoins politiques. Sarkozy s’est joué de son opposition en recourant à une technique de déstabilisation qu’il appelle “ouverture” — consistant à débaucher personnel et idées sur tout l’échiquier politique. Il a rallié les électeurs de l’extrême droite au cours de la campagne en durcissant son discours, sur le thème de “la France on l’aime ou on la quitte”, avant d’embarrasser les socialistes en prenant dans son gouvernement plus de personnalités issues des minorités visibles qu’ils ne l’avaient jamais fait. Il a même fait de vedettes du Parti Socialiste telles que Bernard Kouchner son ministre des affaires étrangères, et de Jack Lang un envoyé spécial. Le mois dernier, il a appliqué une recette similaire, adoptant à nouveau un discours musclé sur les immigrants illégaux et la burqa, afin de corriger les erreurs du mois d’octobre, au cours duquel son silence sur l’arrestation de Roman Polanski et la tolérance affichée envers les incartades sexuelles d’un membre de son gouvernement avaient suggéré de la permissivité chez le président.

Politiquement, c’est astucieux. Dans le domaine économique, cette fantasque indifférence aux conséquences à long terme constitue un danger. Le principal problème de Sarkozy, c’est l’absence de suivi. Il a su lancer des réformes à un rythme encore jamais vu en France. L’Institut Thomas More de Bruxelles a effectué un suivi des 490 promesses de campagne et des 732 mesures annoncées par Sarkozy depuis son élection. Il a ainsi constaté que 80 % d’entre elles ont connu un début de mise en œuvre — un chiffre impressionnant. Mais il a également constaté que nombre de ses initiatives ont été lancées à la hâte et n’avaient pas été conduites avec suffisamment d’énergie, “comme si l’envergure donnée à la réforme venait en contradiction avec sa profondeur”. Les gros efforts entrepris avant la crise, pour réduire le gaspillage dans le secteur public, par exemple, n’ont rapporté que sept petits milliards d’euros d’économie. Et son fameux Plan Marshall des banlieues aux difficultés notoires, n’a pour l’essentiel jamais décollé. “Le président aime les surprises” rapporte l’institut, “et notamment lorsqu’il se trouve dans une situation délicate”. Mais ces surprises signifient des coûts supplémentaires à long terme pour le contribuable.

Absence de véritables principes économiques

Le problème plus fondamental semble être l’absence chez Sarkozy de véritables principes économiques — l’opportunisme semble être à la base de la “sarkonomique”. “Lorsque la gauche traite Sarkozy d’ultralibéral, elle se trompe”, indique Jean-Thomas Lesueur, qui a dirigé l’étude de l’Institut Thomas More. “C’est un pragmatique. Mais le pragmatisme, c’est une bonne tactique, pas une stratégie”. Lesueur considère que Sarkozy dispose de la souplesse qui permet de remporter les batailles, mais qu’il est dépourvu de la vision personnelle qui définit, ou fait remporter les guerres, à l’instar de Ronald Reagan ou de Margaret Thatcher.

Les critiques, comme les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg, auteurs du best-seller Les réformes ratées du président Sarkozy, affirment que la crise économique a rendu le résultat des réformes plus difficile à constater, mais “qu’elles sont entachées de nombreux défauts”, selon les termes employés par Cahuc. Selon le livre, “ses premières décisions ont aggravé les problèmes qu’elles étaient supposées résoudre, tout en aggravant le déficit”. Prenons la mesure phare du mandat, les restrictions apportées aux régimes de retraite spéciaux de certaines catégories du secteur public, par exemple le moindre nombre de trimestres de cotisation nécessaires, par rapport au secteur privé. Sarkozy a réussi à les imposer, mais uniquement au prix de concessions coûteuses d’autre part.

Réduire la bureaucratie pléthorique

Pour être juste, le président a fait de bonnes choses. Ses efforts, par exemple, en vue de réduire progressivement la bureaucratie pléthorique du pays ont permis au pays d’économiser quelque 500 millions d’euros par an. Mais comme c’est d’usage, après avoir lancé le programme en 2007, Sarkozy a annulé les gains obtenus avec l’annonce impulsive et soudaine en 2008 de la suppression de la publicité à la télévision publique, vieille antienne socialiste. Sarkozy en a fait l’annonce au cours d’une conférence de presse, à la suite des réprobations concernant ses luxueuses vacances avec sa nouvelle compagne top-model (la future madame Bruni-Sarkozy) — un moyen pratique de changer de sujet, dont le coût fut néanmoins estimé par la Cour des Comptes à 450 millions d’euros en 2009.

Ces caprices font peser sur le pays des charges d’un autre ordre. En dépit des récentes tentatives de Sarkozy visant à comparer sa gestion des finances publiques avec l’Allemagne —”un gage de sérieux” selon Laurence Boone de Barclays — le comportement de Paris a été plus problématique. Les nouvelles dépenses engagées par Sarkozy ont été planifiées à la hâte, et à la différence de Berlin, n’étaient pas accompagnées d’engagement sur leur compensation à terme. L’Allemagne a également entrepris de profondes réformes structurelles, alors qu’on attend toujours en France l’adoption de mesures énergiques, sur la question des retraites, par exemple. Ces divergences risquent d’entraîner sur la question de la politique économique de l’Union Européenne un “conflit budgétaire et monétaire” entre des Français dépensiers et des Allemands disciplinés, prévient Bob McKee, analyste chez Independent Strategy, à Londres.

Les sondages donnant à Sarkozy entre 30 et 40 % d’opinions favorables, les plus mauvais chiffres qu’il ait connu (ils s’expliquent par une série de faux pas, et notamment d’accusations de népotisme autour de son jeune fils Jean), de nombreux spécialistes redoutent qu’il soit tenté d’annoncer des mesures encore plus irréfléchies, à l’approche des élections régionales de mars et de la campagne présidentielle de 2012.

Projet du Grand Paris

Il est un signe inquiétant : le projet du Grand Paris, dévoilé en avril dernier. Le nom du projet, très approprié, comporte un double sens suggérant aussi bien la géographie qu’un pari sur l’avenir. L’idée est de dépenser au moins 35 milliards d’euros dans la région capitale. Mais ce à quoi sera consacré cet argent — à part construire de nouvelles lignes de métro, et permettre à Sarkozy d’imprimer sa marque — n’est pas clair. Puis vient le Grand Emprunt. Sarkozy avait suggéré de se tourner vers les particuliers pour une partie au moins de son montant — ce qui permet de donner l’impression d’une adhésion de la population, mais constitue une méthode très coûteuse de lever des fonds. Pendant plusieurs mois, le débat public sur les montants des investissements et leur affectation a constitué un bien pratique moyen de détourner l’attention de phénomènes plus inquiétants tels que la montée du chômage. Le mois dernier, la commission chargée par Sarkozy de définir les investissements potentiels a dressé une liste de secteurs prioritaire auxquels il a suggéré de consacrer 35 milliards d’euros : recherche, “société numérique”, aéronautique et nucléaire. Rien que de très louable, mais l’OCDE a déjà averti que cette mesure risque “d’arriver trop tard pour aider à la reprise, et rendra d’autant plus difficile la tâche de l’indispensable retour à l’équilibre budgétaire”.

Christian Saint-Etienne, délégué à l’économie au Nouveau Centre, allié de l’Union pour un Mouvement Populaire, est “pratiquement sûr” que Sarkozy sera à même de mener à bien les essentielles réformes structurelles à la suite des élections de mars — après le printemps prochain, la campagne présidentielle sera trop proche pour relever les impôts, sérieusement couper dans les dépenses ou risquer une crise de financement public.

Champion du monde des dépenses publiques

Au cours des derniers jours, Sarkozy a semblé revenir à l’idée de la discipline budgétaire. “La France doit cesser d’être le champion du monde des dépenses publiques” déclarait-il le 20 novembre, jour suivant l’annonce des propositions du Grand Emprunt. Le Grand Emprunt est également devenu un sujet de bisbilles internes au sein du parti de Sarkozy, et déclenché dans la population des inquiétudes sur le niveau de la dette. En privé, un économiste confie que cette subtile inflexion dans l’air du temps pourrait être la meilleure chose à sortir du Grand Emprunt. Les volte-face sarkozyste en matières de dépenses publiques ne sont pas sans arrière-plan partisan. Celui-ci concentre l’essentiel de ses critiques sur la gestion socialiste à l’échelon local, bien que leurs dépenses ne constituent qu’une infime fraction des problèmes du pays. Du point de vue économique il est hors sujet. Mais pas du point de vue politique. Hélas.

Par Tracy McNicoll

Traduit de l’anglais par David Korn

décembre 6, 2009 Publié par | Actualités nationales | Laisser un commentaire

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